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PETIT LEXIQUE à l'usage du PERSONNEL SANITAIRE et SOCIAL

à l’occasion de brefs entretiens centrés sur la psychologie, les thérapies ou la psychanalyse, nous avons parfois la surprise (qui au fond n'en est pas une) de découvrir que nous ne parlons pas toujours la même langue. En témoignent des phrases comme : 


« Je n’envoie personne en psychanalyse » (ce qui est préférable),

« Est-ce que les consultations sont remboursables ? » (Non, sauf par certaines assurances ou mutuelles),

« La psychothérapie d’inspiration psychanalytique est-elle une technique…? » (Elle n’est assurément pas une technique, mais une certaine situation thérapeutique qui requiert une approche fondée sur des connaissances et une pratique psychanalytique...)

Toutes ces questions sont très intéressantes mais difficilement abordables au cours d’un entretien de quelques minutes.

C’est pourquoi, quelques notions clefs sont ici abordées :

Psychologue

Ne peuvent prétendre à ce titre que des étudiants ayant un Master II (Anciennement DESS ou DEA) ou encore un Doctorat de psychologie délivré soit par une université, soit par une école reconnue par l’état.

Les études de psychologie ont différents domaines de spécialisation dont voici quelques exemples :
- psychologie clinique, psychopathologie, psycho génétique et du développement, psycho cognitive, neuropsychologie, psycho sociale, psychogéronto, de la santé, psychocriminologie et victimologie...

La compétence de thérapeute n’est pas associée à l’ensemble de ces domaines, non plus qu’au seul titre de psychologue. Elle requiert une ou des formations complémentaires, une pratique en milieu médical ou social, des qualités humaines, une vocation.

Le titre de psychologue est néanmoins le garant d’un sérieux, d’un esprit de recherche, d’un nombre suffisant d’années d’études et de stages qui permettent d’assurer des bases solides quant à :
- mener des entretiens, individuels ou de groupe,
- établir des diagnostics, des évaluations,
- être en mesure de faire des tests, de mener des recherches,
- analyser des situations et en faire la synthèse…

Le domaine de spécialisation concerne le secteur d’application de l’ensemble de ces compétences.


Psychothérapeute

Psychothérapie est un terme générique recouvrant l’approche « psy » de la thérapie, à l’origine « soin », « cure », à tort amalgamé avec « guérison ». L’idée de soin parait approprié, fondamentalement, car il décrit de manière humble et réaliste la relation entre patient et thérapeute.

La souffrance n’est pas toujours l’expression d’une maladie ou d’une pathologie. C’est parfois l’expression d’un passage existentiel qui requiert une cure, un soin particulier. La souffrance peut parfois être l’aiguillon qui permet à la personne de mûrir, de se transformer, de s’humaniser, de réaménager de manière féconde sa relation à elle-même et au monde. La façon de surmonter ces moments de crise est propre à chacun. La thérapie peut être un recours et un catalyseur, un accompagnement et un soutien.

Le champ de la psychothérapie n’est pas réservé aux seuls psychologues mais ouverts aux médecins, psychiatres, ou à toutes les personnes qui ont suivi une formation psychothérapique. Le problème actuel étant la multiplication de ces formations ainsi que leur durée variable (stages allant de 3 mois à plusieurs années…) si bien qu’on finit par s’y perdre, y accorder peu de crédit… Le titre, médical, sanitaire ou psy, demeure une garantie de confiance et de sérieux.

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De nombreuses approches thérapeutiques existent :
- hypnose,
- E.M.D.R
- Comportementalistes,
- Pyschodynamiques et ou psychanalytiques,
- Existentialistes, humanistes,
- Corporelles, émotionnelles,
- Systémiques,
- Ethnopsychiatriques,
- …

Elles font toutes référence à des théories sous-jacentes, qui ne s’opposent pas forcément et peuvent s’avérer complémentaires. Des études ont montré, quant à « l’efficacité » de ces approches, (source : Guelfi) qu’elle dépend plus de la qualité patient soignant, de la capacité du thérapeute à s’investir et à s’adapter au cas par cas, que de leur spécificité.

Cependant, certaines « techniques » ou approches ont leur champ d’application particulier. Par exemple, l’hypnose, l’E.M.D.R. ont prouvé leur efficacité quant aux situations traumatiques ; le comportementalisme quant à la résolution de certaines phobies (l’hypnose également) ; les approches psychanalytiques, cognitives et développementales dans les domaines de l’éducation, de l’apprentissage, du développement personnel ; la systémique confère des outils remarquables en ce qui concerne la thérapie familiale et les situations collectives ; l’ethnopsychiatrie permet de mieux comprendre la mesure des situations d’exil et de choc culturel... La liste n’est pas exhaustive.

La question de l’indication est donc importante. Un « bon » psy, c’est aussi quelqu’un qui sait ou devrait savoir orienter.


La psychanalyse

Comme pour « la » psychothérapie, la psychanalyse peut se décliner au pluriel. Les groupes sont nombreux, les champs d’application aussi : cure personnelle, éducation, psychopathologie, psychiatrie... Cependant, on peut résumer, en France, les pluralités d’approches en trois grands courants : Freud, Lacan, Jung.

De façon étonnante et regrettable, ces écoles se font souvent la guerre, sans véritablement chercher à se connaître. Heureusement, il existe de nombreux points de passage, comme la lecture par exemple, ouverte à tout le monde, les conférences aussi.

Il n’est d'ailleurs pas juste d’omettre l’apport théorique et clinique de grands praticiens comme Ferenczy, Winnicott, Klein, Oury, Tosquelles, Pankow, Bateson (psychanalyste de formation) etc. etc. tous passionnants et contribuant à édifier de nouveaux points de vue, pour qui s'intéresse à la psychanalyse…

Proposer une situation analytique d’emblée à quelqu’un qui n’y est pas préparé ou simplement pas désireux d’engager une telle démarche relève du contresens, voire d’une certaine forme de violence. Entreprendre une psychanalyse relève moins d'une indication que du désir d’entreprendre ce périple intérieur. C'est pourquoi si l'on peut suggérer à quelqu’un de s’engager vers ce mode de connaissance, il est préférable de ne pas envoyer quelqu'un se « faire analyser ». 

Faire une psychanalyse ne suffit pas à devenir psychanalyste. Pour cela les différents groupes proposent une formation didactique supplémentaire, longue (souvent coûteuse), qui suppose le développement et l’extension de connaissances indispensables à qui veut pratiquer. Finalement est-ce qu’on devient psychanalyste ? « On naît psychanalyste » dit Groddek. En tout cas on en passe nécessairement par une exploration du domaine de l’inconscient à travers notamment l’analyse de ses propres rêves « voie royale de l’Inconscient » selon la formule célèbre de Freud. Exploration suppose « terra incognita ». La psychanalyse est à l’aube de ses découvertes, et toujours en mouvement.

Nathalie Renault Gloppe, secrétaire.

 


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